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Grèce: Mykonos & Delos

Deux îles au Coeur des Cyclades

On choisit Mykonos pour le charme de ses ruelles blanches, sa tolérance, son climat tempéré par une brise quasi permanente. Envahie en été par des touristes plutôt jeunes et plutôt «gays», elle retrouve le calme dès l’automne, lorsque partent les derniers charters. Pourtant les hôtels, qui se sont surmultipliés en moins de vingt ans, n’ont pas encore monopolisé toutes les plages et ont laissé quelques havres de paix que peu d’estivants ont pris la peine de rechercher. Et s’il est vrai que la plus emblématique des Cyclades n’a pas grand-chose à proposer aux amateurs de tourisme culturel, il reste tout de même d’adorables monastères et des hommes, qui tentent, malgré le vent et des conditions peu faciles, de faire survivre des traditions agricoles et un art de vivre qui résiste aux changements. Et puis, il y a Delos, l’île-musée, presque voisine. Si les vestiges antiques n’y sont pas aussi spectaculaires qu’à Pompéi, on y passe volontiers une journée, pour s’échapper hors du temps et faire un long plongeon dans l’histoire et la mythologie...

Un peu d’histoire…

Comme pour beaucoup d’autres sites grecs d’exception, c’est à la mythologie que se réfèrent les origines de Delos et Mykonos. Alors que leurs collines arides ne sont que les sommets émergés d’une très ancienne chaîne de montagnes, l’histoire -ou plutôt la légende- y voit le résultat du geste rageur d’un dieu qui aurait projeté dans l’eau quelques cailloux devenus îles. Le temps en a ensuite érodé les contours, dessinant de belles plages blondes qui assurent aujourd’hui l’essentiel de leur attrait. C’est également sur Mykonos qu’Hercule aurait combattu, puis brûlé les dépouilles des Géants, se servant de gros blocs de granit paur toute sépulture. On les aperçoit au sud de l’île, en suivant la route des plages, près d’Agrari. Quant à Delos, elle servit de refuge à Leto, maîtresse de Zeus, qui vint y donner le jour à Apollon et à sa jumelle Artémis, loin du courroux d’Héra, l’épouse légitime du roi des dieux. L’homme, lui, ne fait son apparition qu’au néolithique, entre 5300 et 4500 avant J.-C. C’est du moins ce que semblent attester les vestiges préhistoriques retrouvés sur la plage de Ftelia, au nord de Mykonos.

A Delos, la présence humaine a laissé des traces plus anciennes, remontant sans doute au IIIe millénaire avant notre ère. C’est à peu près à cette époque, vers 3200 avant J.-C., à l’âge du bronze, que se développa dans l’archipel une civilisation très originale, dont on ne sait pas grand-chose, faute de témoignages écrits, mais qui laissa une multitude de petits chefs-d’oeuvre, pour la plupart retrouvés dans des tombes et qui inspireront, bien des siècles plus tard, les plus célèbres de nos cubistes. Véritables emblèmes des Cyclades, ces petifes idoles de marbre blanc, aux lignes épurées et étonnamment modernes, illustrent au moins deux périodes. Les plus «primitives» représentent des femmes (ou déesses?) en forme de violon, dont le long cou ne portait généralement pas de tête. Les suivantes sont un peu moins abstraites, ont des visages au nez très marqué, les bras croisés sous la poitrine et de simples traits en guise d’entrejambe. Le rôle de ces statuettes, dont la taille varie de quelques centimètres à plus de 1,5 mètre, reste un mystère, tout comme celui des disques d’argile surnommés «poêles à frire» et recouverts de dessins géométriques aussi indéchiffrables que le disque crétois de Phaistos. Pas besoin de visiter un musée pour les découvrir: les boutiques de souvenirs en sont pleines et on les voit sur bon nombre de cartes postales...

En tant qu’îles au coeur d’une mer stratégiquement installée entre l’Orient et l’Occident, les Cyclades ont bien évidemment subi autant d’envahisseurs que d’influences, mais ont également plus ou moins connu les aléas historiques de la Grèce continentale. C‘est ainsi que Mykonos entre dans la période minoéenne, qui ne laissera pas de traces, au contraire de Santorin, puis ionienne, avant d’être conquise par les Mycéniens, dont il ne reste qu’une tombe, à Angelika. Leur domination semble avoir été synonyme de prospérité, à laquelle met fin l’invasion dorienne, qui aura très peu d’effets sur l’île. Les Cyclades sont partagées entre deux maîtres, loniens et Doriens, mais la société se struclure et l’économie, surtout basée sur le commerce maritime et l’exploitation des richesses du sous-sol, se développe. Certaines îles, dotées de mines d’or et/ou de carrières de marbre, s’enrichissent. Mykonos n’a pas cette chance, mais semble avoir un sort plus enviable que d’autres, telles Folégandros ou Amorgos. C’est du moins ce que l’on peut déduire des taxes que l’ensemble de l’archipel doit payer à la ligue athénienne créée durant les guerres médiques. Les Perses, en conflit avec les Athéniens, occupent d’ailleurs Mykonos pendant deux décennies (500 à 479 ACN), avant d’en être expulsés par leur défaite.

Delos, depuis longtemps considérée comme un site sacré, au même titre que Delphes et Olympie, a l’honneur d’abriter le trésor de la ligue, constitué grôce aux tributs payés par ses membres, proportionnellement à leur richesse, avant qu’il ne soit définitivement déménagé à Athènes. Les derniers siècles avant notre ère voient défiler plusieurs nouveaux dominateurs: les Macédoniens, qui, après la mort d’Alexandre, laissent Mykonos aux Ptolémées, alors maîtres de l’Egypte, les Romains, qui feront de Delos un port franc et assureront donc aux deux îles un véritable âge d’or, et Mithridate, qui met fin à cette prospérité et s’adonne à un véritable saccage. Les pirates prennent ensuite le relais et ravagent Delos, qui ne s’en relèvera pas. L’île sacrée tombe alors peu à peu dans l’oubli, ne laissant que des ruines à la postérité. On ne fera plus guère mention des deux îles, durant les premiers siècles de notre ère, si ce n’est pour signaler que le christianisme s’y répand, comme dans le reste du pays. La fin du 4e siècle marque le début de la période byzantine, qui plonge les îles dans une longue période d’instabilité, scandée par les invasions successives de barbares, de Sarrazins, puis de pirates qui font de Mykonos l’un de leurs repaires. La prise de Constantinople par les croisés amène les Vénitiens en mer Egée. La plupart des îles sont données à de grandes familles qui ne cesseront de rivaliser jusqu’à l’arrivée des Turcs. C’est ainsi que les Gizi, également maîtres de Tinos, où ils avaient choisi de s’installer, vont régner sur le destin de Mykonos pendant plus de deux siècles. Pour se prémunir des pirates, ils font bâtir, sur les hauteurs d’Ano Mera, un kastro dant on aperçoit encore les vestiges dans les environs du village. Mais ce n’est guère un fait unique: à l’époque vénitienne, comme sous la domination franque, bon nombre d’îles et de villes côtières se dotent d’une forteresse défensive. Le Péloponnèse en compte de multiples exemples...

Après la prise de Constantinople, en 1453, les Turcs vont assiéger et envahir la Grèce pendant plus de 4 siècles. Dès le milieu du 16e siècle, ils s’imposent sur les îles de l’archipel, qui tomberont toutes sous leur joug en l’espace de 50 ans. Mais leur présence s’avèrera moins désastreuse que les pillages répétés des pirates, la famine et les épidémies. Ces malheurs réveillent la conscience nationale. La résistance et la lutte s’engagent contre l’envahisseur, comme ailleurs, dans les îles et sur le continent. Quand, en 1830, la Grèce arrache enfin sa liberté, les Cyclades seront parmi les premières régions du pays à être intégrées au royaume. A partir de cette date, l’histoire de Mykonos et du reste de l’archipel sera liée à celle de la nation, qui n’acquerra ses frontières définitives qu’en 1920...


Les îles, en quelques mots…

MYKONOS

Situation: Mykonos est l’une des 24 îles habitées de l’archipel des Cyclades qui en totalise 56, au coeur de la mer Egée.

Superficie: 88 km2.

Population: près de 4.000 habitants permanents.

Economie: comme la grande majorité des Cyclades, Mykonos ne peut vivre en autarcie. La pêche et l’agriculture, qui constituaient autrefois ses principales ressources, suffisent à peine aux besoins domestiques. Il faut donc importer du continent la quasi-totalité de ce qui se boit et se mange dans les hôtels. Si bon nombre de familles des environs d’Ano Mera vivent encore de l’agriculture et d’un petit élevage, c’est le tourisme qui assure désormais l’essentiel des rentrées financières de l’île. beaucoup d’habitants travaillent directement ou indirectement pour ce secteur de services et/ou louent des chambres qui leur apportent un complément non négligeable à leurs revenus. Mais toutes les boutiques, les restaurants et hôtels n’appartiennent pas à des Mikoniotes. Loin de là...

Signes particuliers: les moulins et le port vénitien d’Hora, en plus des 600 églises éparpillées sur l’ensemble de l’île.

DELOS

Situation: les Anciens considéraient Delos comme le centre des Cyclades, mais cette position était toute symbolique. A un jet de pierre de Mykonos, elle a aussi une autre voisine, moins connue, à laquelle elle est presque collée: Rhinia. • Superficie: 6,5 km2.

Population: aucun habitant permanent.

Signe particulier: Delos est une île-musée et n’est donc accessible qu’une partie de la journée.

RHINIA

Les Mycéniens l’appelaient «Megali Delos» (la grande Delos), sans doute pour sa taille (17 km2), car elle ne connut jamais l’importance de sa voisine. Habitée durant l’Antiquité, elle devint la fosse commune de Delos, lorsque l’Oracle de Dèlphes ordonna aux Athéniens de purifier l’île-sanctuaire et d’y transporter toutes les sépultures. S’il y reste des vestiges de l’histoire, Rhinia a été quasi désertée depuis une vingtaine d’années. Elle sert de pâture à quelques troupeaux et personne ne semble avoir envie de la visiter ou d’y implanter un hôtel...

Le fabuleux destin de Mykonos

Après l’indépendance, Mykonos vécut de l’agriculture et de la pêche, comme presque toutes les autres Cyclades, et son relatif éloignement du continent ne lui a pas permis, à l’instar des îes les plus proches d’Athènes, de développer un tourisme domestique, grôce, notamment, aux secondes résidences des citadins. Ce n’est que dans les années 1950 que de jeunes Athéniens aisés, en balade sur leur yacht, «découvrirent» la beauté de ses plages et le charme des villages qui n’avaient alors ni eau courante, ni électricité et aucun véritable port. Le bouche-à-oreille fit ensuite son chemin, si bien que Mykonos eut droit à une rade capable d’accueillir des ferries et à toutes les commodités «modernes».

Une quinzaine d’années plus tard, l’île devint la coqueluche de la jet-set athénienne et internationale. Le Remezzo ouvrit les portes de sa discothèque branchée et le Pierro’s le premier bar gay. On y croisait Sophia loren, Grace Kelly, l’Agha Khan, la Callas avec Onassis, puis Onassis avec Jackie Kennedy. Les artistes y avaient leurs habitudes, drainant une faune interlope et une ambiance d’insouciance et de liberté. Il n’en fallait pas plus pour y attirer les médias, puis tous ceux qui voulaient à leur tour goûter à ce petit paradis, aux ruelles pleines de charme, au coucher de soleil dans le port vénitien, avec vue sur les emblématiques moulins. Conclusion: les ferries se mirent à débarquer les routards, qui dormaient plus volontiers sur la plage et les terrasses des habitants, pour trois fois rien, que dans les hôtels. Les hippies organisaient leurs full moon parties sur le sable de Paranga et tous les soirs, chez Pierro's, on proposait des spectacles de travestis. Puis ce fut au tour des charters d’amener en masse les amateurs de farniente, dans de toutes nouvelles infrastructures, qui se multipliaient un peu partout sur l’île, en même temps que les discothèques, les fast-foods et les vendeurs de T-shirts. Particulièrement présente, la communauté homosexuelle y appréciait -et apprécie toujours- la tolérance des Mikoniotes, qui, en réalité, ne dépassent guère les 4.000 habitants, ce qui vous laisse aisément imaginer les allures d’invasion que continuent à prendre les arrivées estivales.

Pourtant, s’il y a toujours autant de monde sur l’île entre mi-juin et mi-septembre, la situation a changé. Au début des années 90, le tourisme avait dramatiquement régressé, en partie à cause des campagnes anti-sida. Consciente qu’un vacancier fortuné générait bien plus de revenus qu’un routard, la municipalité a pris des mesures, cette dernière décennie, pour augmenter la qualité plutôt que la quantité et encourager les Grecs du continent à venir y construire une seconde résidence. On ne peut donc plus, en principe, dormir sur les plages et bon nombre de magasins de marques ont remplacé les boutiques de souvenirs. Dans Matoyannia Street, les vêtements, chaussures, articles de maroquinerie, bijoux ou objets de designers se vendent plus cher qu’à Athènes. Les hôtels de luxe se sont multipliés et les prix se sont envolés. Mykonos est donc redevenue branchée, mais les bars «in» côtoient toujours les bars "cool", où les jeunes, moins aisés, attendent l'ouverture des discothèques.

Dans les rues d’Hora, à la fois port et capitale, l’animation est permanente, mais le charme n’est pas rompu. Il agit toujours, malgré la foule, mais surtout hors saison. Les plages se sont toutes -ou presque- «spécialisées», laissant Psarou aux plus aisés, Super Paradise et Elia aux gays, Ornos aux touristes "ordinaires", Ftelia aux surfeurs, Aghios Yannis, Kalafatis et Platis Yalos aux familles, Paranga et Paradise aux campeurs, aux amateurs de musique tonitruante et de drague effrénée. Pour plus de solitude, il vous faudra choisir lia, Aghia Anna, Aghios Sostis ou une autre baie du nord de l’île, très peu urbanisé, mais souvent venteux. Et si vous avez le choix des dates, allez-y plutôt en mai, début juin, fin septembre ou même en octobre: on ne joue pas du coude dans les ruelles d’Hora et les plages, elles, seront toutes à vous...


HORA, la capitale

Mykonos-ville, que l’on appelle Hora, comme la plupart des chefs-lieux des îles, est un dédale de ruelles piétonnières conçu, dès le Moyen Age, pour se protéger du vent et des intrus, qui avaient le temps de s’y perdre avant de rejoindre la forteresse, généralement édifiée sur les hauteurs des cités côtières. Car Hora possédait un kastro, mais il n’en reste que le nom d’un quartier, sans doute le plus séduisant. C’est là, en effet, que se dressent sur deux niveaux les 5 petites églises qui constituent «la Paraportiani» (16e siècle), souvent considérée comme la plus belle église byzantine des Cyclades. Elle est malheureusement très souvent fermée et l’on doit donc se contenter d’en admirer les formes extérieures, blanches et arrondies, qui se découpent sur le ciel bleu, face à la mer. Ce qui vaut déjà indubitablement le détour...

Toute proche, la Maison de Mahoulos abrite le Musée folklorique, dédié à la vie quotidienne de l’île. Cette belle demeure du 18e siècle, bâtie sur une partie de l’ancien rempart, présente des pièces meublées d’époque, des ustensiles ménagers, de vieilles photos jaunies, des vêtements, quelques instruments de musique et autres objets usuels. Le Moulin Vonis (16e siècle), qui s’élève sur les hauteurs de la vieille ville, sert d’annexe au musée et rappelle les anciennes traditions des Mikoniotes qui venaient faire moudre leurs grains dans l’un des 30 moulins que comptait autrefois l’île. Le Kastro domine deux ports: «l’ancien port», appelé Gialos, et le petit «port vénitien», qui doit son nom aux jolies maisons aux balcons de bois colorés, hérités des anciens maîtres italiens. Gialos, en réalité, n’est pas vraiment «vieux». Il a été installé il y a moins d’un demi-siècle pour pouvoir accueillir les premiers ferries. Depuis, la taille et la fréquence des navires l’ont rendu obsolète et la rade de Tourlos a pris le relais.

Aujourd’hui, Gialos est donc réservé aux pêcheurs et aux caïques, qui embarquent les touristes pour Delos et les plages de la côte sud ou partent en excursion vers d’autres îles. On y assiste dès lors à un continuel va-et-vient, d’autant que les quais sont bordés de cafés et restaurants et constituent le premier point de chute des vacanciers arrivés par bateau. Tout au bout de la rade, en direction de Tourlos, se trouve le Musée archéologique, petit et pas terriblement intéressant, puisqu’il expose surtout quelques objets mis au jour à Delos. Mieux vaut donc économiser le prix du billet d’entrée et partir visiter «l’île sacrée». Gialos, c’est aussi le domaine de Petros II, l’emblématique pélican de Mykonos. Son prédécesseur, mort en 1986, y a vécu près de 30 ans, chouchouté par les restaurateurs du coin. Il arriva un jour de mauvais temps, sans doute de Bulgarie, avec trois autres compagnons. Aucun d’eux ne survécut et Petros préféra visiblement profiter de l’hospitalité mikoniote plutôt que de reprendre les airs. On raconte que Jackie Onassis, qui avait pitié de sa solitude, lui offrit une compagne. Mais il l’ignora totalement, ce qui fit dire à plus d’un que Petros avait trop fréquenté les touristes ou appartenait lui-même à la communauté gay. Petros II, qui a toujours autant de succès auprès des touristes photographes, continue à évoluer sur les quais. Mais le non-initié peut difficilement le reconnaître, car Mykonos compte désormais trois pélicans fétiches. Petros 1er, lui, se trouve au Musée folklorique,... naturalisé.

La Petite Venise fait partie du quartier d’Alefkandra, où les ruelles, sans doute plus anciennes, semblent encore plus étroites qu’ailleurs. Le bord de mer est envahi par les cafés branchés et les restaurants pour touristes, où les prix, élevés, ne sont guère proportionnels à la qualité des repas. Pour manger «authentique», ce n’est donc pas là qu’il faut aller. Par contre, le coucher de soleil et la vue y sont très photogéniques. Assis à l’une des tables d’un bistrot, on admire deux des plus célèbres décors de l’île: les maisons vénitiennes léchées par les vagues (à droite) et la colline de Kato Myli (à gauche), dominée par son alignement de moulins à vent au toit de roseaux. Une image certes éculée, mais toujours impressionnante... Alefkandra compte une dizaine d’églises et deux cathédrales, l’une catholique (Panaghia Rodariou), l’autre orthodoxe (Panaghia Pigadrotissa). Si, en se fondant dans le décor urbain, elles sont toutes deux restées discrètes, elles n’en contiennent pas moins une splendide iconostase et de jolies icônes.

Pas très loin de là, le Musée de la Marine égéenne ne manque pas d’intérêt et possède une belle collection de maquettes de bateaux, qui nous ramènent jusqu’à l’époque minoéenne. La maison voisine, celle de Léna, sert également de musée. Elle illustre la vie d’une Mikoniote née à la fin du 19e siècle et dont on a conservé le mobilier et les objets les plus familiers, chargés d’une certaine émotion. Dans la même rue (Matoyanni), la Galerie d’art municipale expose des oeuvres d’artistes locaux, qui, parfois, surprennent, telles ces statues de fil de fer, étrangement réalistes. Mais les collections changent et ne sont pas toujours de qualité égale. L’autre quartier branché, c’est celui des boutiques de luxe, qui bordent la rue Matoyanni. Les magasins ont envahi presque toutes les ruelles environnantes. Et si «Matoyanni» a la réputation d’être chic et cher, le quartier de la Barkia, lui, concentre les échoppes et bars pour jeunes et les artistes de rue. Pour faire constamment partie de la fête, c’est là qu’il faut loger. Pour plus de tranquillité, optez pour les hauteurs de la ville. On y trouve d’ailleurs quelques ravissants hôtels... avec piscine.

A l’ouest d’Hora...

De nouveaux quartiers résidentiels prolongent le centre d’Hora en direction de Tourlos, le nouveau port des ferries. Bon nombre d’Athéniens possèdent une seconde résidence sur la corniche, étendant les «faubourgs» de la capitale grecque jusque sur cette petite île aride qui n’a rien perdu de ses charmes. C’est pour cette raison, sans doute, que des catamarans ultra rapides rallient désormais le Pirée ou Rafina en deux heures à peine et que l’ancien port n’a plus suffi pour assumer le va-et-vient des bateaux.

Entre Hora et Aghios Stefanos, une jolie petite plage borde la baie, mais la rade de Tourlos est trop proche. En plus des ferries, les navires de croisière viennent également y accoster, ce qui pollue la mer et gâche le paysage. Aghios Stefanos, dont le développement est assez récent, est la seule station balnéaire au nord d’Hora. Elle n’est pas aussi attirante que celles de la côte sud, mais reste sans doute l’une des plus abordables, financièrement parlant. On y trouve donc des chambres à louer et un fast-food, qui la cataloguent généralement comme une destination pour routards. L’unique attraction des lieux est la chapelle qui a donné son nom au village, d’ailleurs limité à des petits hôtels sans ambition et une kyrielle de tavernes. En continuant vers le nord, le décor devient plus aride. Les habitations se font rares, tout comme les hôtels. Les murets de pierre, eux, se multiplient et la route s’égare, sans but apparent. Seul intérêt de la balade: la vue, depuis les hauteurs, sur Mykonos, la péninsule de Diakofti et l’isthme d’Ornos. Par beau temps, on aperçoit aussi Tinos et le phare du cap Armenistis, que l’on ne peut que rejoindre à pied. Une autre randonnée conduit au point culminant de l’île: le mont Profitis Ilias (372m), où le panorama est encore plus spectaculaire.

Deux routes traversent la péninsule de Diakofti, qui forme comme un petit appendice, à l’ouest d’Hora. L’une d’elles part vers Cavo Delos, un bastion résidentiel privé, qui n’a de curieux que son architecture. Les villas et maisons, regroupées sur le flanc d’une colline, ont été bâties avec de gros moëllons aux teints gris et bruns, qui n’ont rien en commun avec les traditionnelles petites demeures blanches aux volets bleus, qui collent à l’image des Cyclades comme les cottages à la campagne anglaise. L’autre route rejoint Aghios Yannis, une petite plage tranquille où les hôtels, encore peu nombreux, sont aussi restés très discrets. Passé le minuscule port de pêche, un chemin de terre continue vers Kapari Beach et son croissant de sable niché au creux d’une crique. Le sentier longe de superbes villas de style adobe, des secondes résidences qui tiennent visiblement à leur tranquillité.


Le centre de l’île

Ano Mera est le centre agricole de Mykonos. C’est aussi dans cette localité que vit la grande majorité des habitants permanents de l’île. D’un point de vue touristique, la cité n’a, à première vue, pas grand-chose à proposer. Pourtant, plusieurs édifices y témoignent de l’importance passée de la bourgade, à l’écart de la mer, sur l’un des points culminants qu’occupa le château de la famille vénitienne des Gizi, le Paleokastro, dont il ne reste plus que des morceaux de remparts. A ses pieds vint ensuite s’installer un couvent fortifié (1787), déserté par sa congrégation.

A deux pas, une adorable chapelle se dresse entre deux pigeonniers en ruine et d’impressionnants figuiers de barbarie. S’il n ‘héberge plus aucune nonne, le couvent ouvre ses portes, à certaines heures de la journée. La visite, même limitée à la cour centrale, mérite un détour: les petites cellules s’ordonnent comme autant de minuscules maisons, autour d’un ravissant patio fleuri qu’entretiennent quelques villageoises. L’église, généralement fermée, abrite un véritable trésor: une iconostase d’or et quelques très anciennes icônes. Sur la place d’Ano Mera, bordée par de charmantes tavernes, s’ouvre le monastère de la Vierge de Tourlous (Panaghia Tourliani), sainte patronne de Mykonos, fêtée en grande pompe le 15 août. Bâti au milieu du 16e siècle, il fut pillé et brûlé, puis reconstruit en 1767. Aujourd’hui totalement restauré, ce très beau complexe fortifié abrite une église à la façade de marbre. Des artisans ont véritablement ciselé la tour du clocher, elle aussi en marbre, sculptant des décors bucoliques qui semblent plutôt insolites en un tel lieu. Une ruelle fait le tour de l’édifice et aligne, sur deux étages, les cellules des moines, que l’on envisage de reconvertir en logements sociaux. Des bougainvillées grimpent aux murs chaulés de blanc et contribuent au charme de l’endroit, librement accessible aux visiteurs, à certaines heures de la journée. L’église conserve une superbe iconostase et une magnifique icône en argent de la Vierge entourée d’ex-voto parfois très anciens. Les environs d’Ano Mera sont cultivés, mais les champs ont l’air misérable des exploitations perdues au milieu d’un désert de rocaille. Le vent et le manque d’eau mènent la vie dure aux paysans, qui se contentent de planter la tomate sous serres, des courgettes, des pommes de terre, un peu de blé...

Pourtant, en regardant mieux ce qui pousse derrière les murets, on aperçoit aussi des vignes. Ces terres, autrefois plus généreuses, appartenaient toutes au monastère, dont l’importance n’était donc pas que spirituelle. Mais, faute de moines et de main-d’oeuvre, les vignes n’ont plus été entretenues et sont devenues sauvages, jusqu’à ce qu’un enfant du pays devenu inspecteur à la Banque de Grèce et professeur à l’Université d’Athènes revienne y concrétiser un vieux rêve. Cela fait maintenant près de neuf ans que Nikos Asymomytis produit à nouveau du vin sur les 35.000 m2 qu’il loue au monastère. Chaque année, les vignes, qu’il entretient avec amour et l’aide de trois employés seulement, lui permettent de remplir quelque 25.000 bouteilles, que l’on retrouve dans la plupart des restaurants de l’île. Si elles résistent au meltemi, qui souffle presque en permanence, et au manque d’eau, que les deux réservoirs leur prodiguent avec parcimonie, après avoir servi les hôtels, c’est sans doute grâce au traitement particulier que leur prodigue Nikos. A la fin du printemps, quelques mois avant la récolte de mi-août, il leur diffuse de la musique classique en installant ça et là de petits haut-parleurs, persuadé, précise-t-il en souriant, que «les plantes, c’est bien connu, poussent bien mieux au son de quelques gammes»...

En réalité, presque toutes les anciennes maisons de l’île possèdent un arpent de vigne destinée à leur consommation privée et un pressoir à pied, ce qui a sans doute permis à une vieille tradition de survivre, malgré la disparition des grandes exploitations: la fête des vendanges, au début du mois de septembre. Les insulaires, qui ne boivent donc pas que de l’ouzo ou du retsina, y sont fidèles et arrosent largement l’événement, dans l’intimité de leurs villages...

Au nord...

La côte nord est profondément éventrée par la baie de Panormos. Plusieurs routes la rejoignent et l’une d’elles passe devant le monastère d’Aghios Panteleimonas (1665), qui a tout d’un bastion et qui conserve quelques structures du 12e siècle, de superbes icônes et l’un des plus beaux pigeonniers de l’île. Passé le réservoir de Marathi, qui apporte une petite touche de couleur à ce paysage rocailleux, l’itinéraire prend fin au bord d’une plage en forme de croissant, entourée de collines rousses et plutôt jolie. On n’y trouve pas plus d’hôtels qu’à Aghios Stasis, qu’une petite voie goudronnée rejoint en moins d’un kilomètre. La vue qui s’étend, comme le sable, sur la baie de Panormos y est tout simplement sublime. En été, les vacanciers motorisés en ont malheureusement trouvé le chemin, mais ce n’est pas la foule. Dès mi-septembre, l’endroit est même presque désert...

Elle aussi installée au creux de la baie, Ftelia ne compte, pour l’instant, que deux tavernes, quelques résidences de vacances et une pension, qui a préféré rester un rien à l’écart de la longue plage, un peu trop exposée au vent, ce qui lui vaut d’être le meilleur «spot» de l’île, pour les surfeurs. Si la plaine qui prolonge le sable, au fond de cette anse, n’a pas été envahie par les hôtels, c’est sans doute parce qu’on y a mis au jour les vestiges d’une cité préhistorique, en plein milieu du site, tout près de l’eau. A vrai dire, c’est à peine si on devine leur présence, qu’un panneau signale pourtant... en grec. Ils sont d’ailleurs bien décevants et se limitent à un tumulus et quelques pans de murs excavés, apparemment délaissés par les archéologues. Les nudistes qui se sont, dit-on, attribué le sable de Ftélia, ne semblent même pas leur prêter la moindre attention.

Une petite route traverse la zone agricole d’Ano Mera pour rejoindre Fokos Beach, sur la côte nord. Les deux derniers kilomètres se muent en piste et longent le réservoir de Maou, qui dessine un lac de retenue tortueux, que l’été laisse presque à sec. Déserte dès septembre, Fokos n’attire pas la grande foule, même en été. On n’y trouve pas de chaises longues, seulement une charmante taverne qui ne sert que des entrées typiquement locales et des grillades, faute d’électricité. Un petit générateur sert uniquement à alimenter le réfrigérateur, mais ne suffit pas à éclairer les tables, en soirée. Aussi le service se limite-t-il au déjeuner, prolongé jusque tard dans l’après-midi, tant qu’il y a du soleil. Un kilomètre plus à l’ouest, la plage de Merseni se cache à l’abri d’une baie échancrée. Elle reçoit donc peu de visiteurs et compte, pour tout habitat, un hangar à bateaux, une villa installée sur les hauteurs de la colline et une petite église, édifiée à distance respectable du sable blond. Mykonos compte près de 600 chapelles de ce genre, plantées un peu partout, même dans les endroits les plus inattendus. On raconte qu’il s’agissait autrefois d’un moyen, pour les marins -ou les pirates-, de s’attirer la protection divine avant de prendre la mer. Et comme, à l’époque, on comptait autant de pêcheurs que de pirates, les petites églises ont poussé comme des champignons. Des familles continuent à les entretenir et certaines sont même joliment décorées...


La côte sud

Ornos est la station balnéaire la plus proche d’Hora, dont elle est aussi le port de plaisance, ce qui n’en fait pas pour autant la plage la plus huppée de Mykonos. Installée sur l’isthme qui relie la péninsule de Diakofti au reste de l’île, Ornos s’est tournée vers le sud, pour éviter les vents du nord. Ignorant la plage septentrionale, non aménagée et d’ailleurs peu attirante, les tavernes, bars et autres cafés se sont donc implantés sur la rive méridionale, tout comme le petit port de pêche, où viennent mouiller les yachts et un superbe voilier (il appartient au Kyvotos, l’un des plus beaux hôtels de Mykonos). Un bateau quitte la plage tous les matins pour l’île de Delos (tout comme à Paradise ou Super Paradise), pour un prix nettement plus abordable que celui des navires-excursions qui démarrent de la rade de Hora. Ornos propose une gamme très variée de logements, allant de la modeste «room to let» aux plus luxueux 5 étoiles en passant par un hôtel de charme et des studios à louer, mais la plage est loin d’être la plus jolie de l’île.

Au sud-est de la localité, deux autres plages sont particulièrement sympathiques: Psarou et Platis Yalos. La première, plus encore que la seconde, est fréquentée par une clientèle mondaine, «les montres en or», comme la surnomment les Mikoniotes, qui considèrent Psarou comme le petit Saint-Trop’ local. Le charme des lieux n’a donc pas échappé aux promoteurs immobiliers et les hôtels, tout comme les tavernes, s’y sont dès lors octroyé les meilleures places. Et la plus agréable situation de l’île, sans doute. Les environs, eux, recèlent quelques vestiges archéologiques: des restes de fortifications hellénistiques et romaines, à Lino, et des pierres dressées à la même époque, formant une sorte de portail, à Portes. Leur emplacement et leur forme leur ont valu le surnom un rien usurpé de «petit Stonehenge»... Il faut embarquer sur un bateau-navette ou remonter vers l’aéroport pour rallier les plages suivantes, les plus «branchées», c’est-à-dire les plus bruyantes et les plus fréquentées: Paranga et Paradise. Chaises et parasols y occupent le moindre mètre carré disponible et la discothèque fonctionne jusqu’aux petites heures du matin, à même le sable. Conclusion: la musique s’y déchaîne. Tout comme la drague. Il est vrai que les plus vastes campings y sont installés jusqu’en bordure de plage et lorsqu’on sait que celui de Paradise est capable d’accueillir jusqu’à 5.000 personnes, je vous laisse imaginer la foule estivale. La plage de Super Paradise, belle et profonde, est peu construite.

Malgré le succès de cette baie si tranquille hors saison, on n’y trouve encore qu’une poignée de restaurants et de chambres à louer. Mais pour combien de temps? Des bateaux-taxis viennent y déposer leurs lots de touristes et les parkings taillés sur le sommet des falaises (et qui offrent d’ailleurs une superbe vue de la baie aux eaux cristallines et turquoise) sont régulièrement complets, entre mi-juin et mi-septembre. On disait Super Paradise réservée aux homosexuels, mais, depuis que la plage est devenue «trendy», ils doivent la partager avec les mannequins, les vedettes de séries télévisées grecques et autres «stars académiciens» nationaux, qui y drainent donc les paparazzi et alimentent les journaux à sensation du pays. Inutile de préciser que cette campagne médiatique bien involontaire a suffi à attirer à Super Paradise pas mal de curieux et de semi-mondains. La route qui part vers l’ouest rejoint Agrari au bout de multiples virages serpentant entre d’énormes blocs granitiques, où des enclos de pierraille ont réussi à se faire un nid. C’est dans ce décor aride, qui compte un nombre incroyable de minuscules chapelles, que s’est blottie Agrari Beach, charmante et pourtant moins fréquentée.

L’étrange beauté des lieux n’a pas échappé à l’oeil avisé de promoteurs immobiliers qui ont édifié sur les collines un village résidentiel (Agrari Village), où de somptueuses villas savourent la vue plongeante sur la baie. Les Mikoniotes vous diront que la plage se divise en deux zones, la plus «correcte» se trouvant à gauche, Mais ils sont eux-mêmes bien incapables de vous en expliquer les raisons. Hormis quelques nudistes, effectivement installés à droite, nous n’avons guère vu la différence avec la section des chaises longues et des parasols, évidemment payants.

Presque voisine, la vaste plage d’Elia, la dernière de la côte sud à être desservie par les caïques, est apparemment tout particulièrement prisée par la communauté gay et les naturistes. Les collines sont squattées par deux immenses complexes hôteliers de standing, qui limitent le reste des infrastructures à quelques tavernes et chambres à louer. Plusieurs plages bordent la côte la plus proche d’Ano Mera, dont Aghia Anna, aménagée devant un véritable lagon turquoise, au coeur d’une petite baie. On y signale la présence d’un site préhistorique, tout aussi discret que celui de Ftelia, sur un minuscule isthme isolant une péninsule occupée par un hameau de pêcheurs. De l’autre côté, une anse plus large abrite la plage de Kalafatis, l’une des plus grandes et des plus fréquentées par les familles et les amateurs de sports nautiques. Un peu plus loin, la côte dessine une nouvelle échancrure à Kalo Livadi. Parasols et chaises longues y ont été installés, mais l’endroit est bien moins pris d’assaut, peut-être parce que, pour lïnstant, un seul et unique complexe hôtelier y grimpe la colline ou parce que le sable y a l’air tout droit sorti d’une carrière et ne la rend pas vraiment idyllique. Lia, elle, n’est accessible qu’en voiture, à pied ou en moto. C’est la plus éloignée des plages du sud, l’une des plus calmes aussi. La taverne du même nom sert du homard grillé à l’heure du lunch. Un délice qui mérite à lui seul le détour. Une route asphaltée grimpe au nord-est. Mais, avant d’en atteindre les hauteurs, un panneau interdit de la prolonger: le reste est zone militaire. On se console donc avec la vue, qui plonge dans la mer, au large d’une côte sèche et sauvage.

Delos

Habitée depuis la préhistoire, Delos, l’île sanctuaire, est l’un des plus importants sites archéologiques de Grèce, l’un des seuls à témoigner des époques successives de l’histoire et des différents maîtres qui, de la plus haute Antiquité aux premiers siècles de notre ère, décidèrent de sa destinée. On y pratiqua d’abord le culte de Leto après l’arrivée des Ioniens, dès le 1er millénaire. Dédiée ensuite à Apollon qui, selon la mythologie, y vit le jour sous un arbre, au sommet du mont Cynthe, l’île devint un site sacré et un but de pèlerinage autour duquel gravitait le reste de l’archipel («Cyclades» signifiait d’ailleurs «cercle», autour de Delos. En réalité, c’est Syros qui, géographiquement parlant, occupe la position centrale). Cette situation lui valut aussi de devenir un port commercial florissant, qui abrita jusqu’à 25.000 personnes (certains historiens vont jusqu’à doubler ce nombre). A son rôle de centre religieux vint s’ajouter une fonction politique, puisque Delos abrita pour un temps le trésor de la Ligue (voir plus haut), avant qu’il ne soit transféré à Athènes. Quand, au 5e siècle ACN, l’Oracle de Delphes ordonna la purification de l’île, en interdisant, entre autres, à quiconque d’y mourir ou d’y donner le jour, Delos se spécialisa encore davantage dans son rôle culturel. Mais les envahisseurs successifs y accentuèrent aussi le commerce maritime. Des marchands de tous les horizons vinrent s’installer sur l’île, qui se dota de nouveaux temples, dédiés à Isis, Atargatis, Baal, Sérapis...

L’âge d’or de Delos s’affirma avec les Romains, qui en firent un port franc, le plus important de la Méditerrannée orientale. La cité connut une formidable expansion, acquit un théâtre, de superbes villas, d’autres temples. Différentes nationalités et religions s’y côtoyaient en toute tolérance, sans diminuer pour autant sa valeur de lieu sacré, d’ailleurs assez contradictoire lorsqu’on sait que Delos fut aussi l’une des principales plaques tournantes du trafic d’esclaves en Méditerranée... Mithridate mit fin à cette prospérité. Il y massacra 20.000 personnes en une seule journée et ravagea une bonne partie de l’île. Les pirates achevèrent son travail en une dizaine d’années. Les derniers habitants quittèrent Délos, qui resta désertée jusqu’à l’arrivée de l’Ecole d’archéologie française d’Athènes, à qui l’on doit la mise au jour et la rtestauration encore bien partielle du site. Car les fouilles ne sont pas terminées et l’île, ouverte au public, est devenue musée. Personne, donc, hormis les archéologues et les gardiens, n’est autorisé à y passer la nuit. En arrivant avec les premiers bateaux, on dispose d’environ 6 heures pour visiter Delos. La première impression est souvent décevante, car peu de ruines semblent y dépasser le niveau des fondations. Pourtant, au fil de la balade, les «curiosités» apparaissent, étonnantes, voire insolites. Depuis le port, en grande partie ensablé, plusieurs itinéraires mènent aux différents quartiers qui composent le site. Chacun d’eux possède ses vestiges-vedettes: la Terrasse des Lions, les phallus du Temple de Dionysos, l’amphithéâtre, le Temple d’Isis, les mosaïques de la Maison des Dauphins ou celles de la Maison des Masques. Et puis il y a le musée, qui ne manque pas d’intérêt, et la vue, au sommet du mont Cynthe, qui porte jusqu’à Andros et Tinos, au nord, Syros, à l’ouest, Paros et Naxos, au sud, sans oublier Rhinia et Mykonos, tout à côté...

LE SANCTUAIRE

De l’Agora des Compétalistes part la Voie sacrée (ou Voie des Processions), large de 13 mètres et bordée de portiques votifs. Elle mène au temple en traversant les Propylées (2e s. ACN), qui marquent l’entrée du Sanctuaire d’Apollon. En réalité, il n’y a pas un temple, mais trois: celui des Déliens (314 ACN), des Athéniens (420 ACN) et de Poros (6e s. ACN), qui servit de coffre-fort au Trésor de la Ligue. Près du Portique des Naxiens, on aperçoit la base d’un palmier de bronze, non loin d’une statue d’Apollon ou, du moins, de ce qu’il en reste. On raconte que l’arbre de bronze tomba un jour sur ce beau kouros de 8 mètres, réduit, depuis, à un tronc sans bras, usé par le temps. D’autres temples, édifices et portiques jouxtent le sanctuaire. A l’un des angles du complexe, pas très loin du musée, le Temple de Dionysos a pas mal de succès, grâce à ses immenses phallus de pierre, aujourd’hui limités aux parties inférieures, mais suffisamment suggestifs pour se poser des questions sur leur signification...

LE LAC SACRE

Asséché en 1926 pour cause d’insalubrité, le lac sacré jouxtait l’Agora des Italiens, séparée du sanctuaire par une allée que ponctue la fontaine minoéenne (6e s. ACN), une ancienne citerne publique creusée dans le roc. C’était le quartier commerçant, bordé d’ateliers et de magasins, qui s’installèrent plus tardivement, aux côtés du temple archaïque de Léto. Mais la curiosité des lieux reste la fameuse Terrasse des Lions (ler s. ACN), alignés le long de la Voie sacrée menant au sanctuaire de Leto. Sans doute inspiré par les fauves de Karnak, cet alignement est unique en son genre, en Grèce. Toujours aussi photogéniques, les pauvres félins n’ont eu droit qu’à une très partielle restauration et les 5 survivants ont presque tous une jambe de bois. L’un des disparus veille -en bien meilleur état- à l’entrée de l’Arsenal de Venise... Au-delà du lac, les vestiges d’un ancien quartier résidentiel (environ 2e s. ACN) ont moins d’intérêt, de même que la zone du stade, dont il ne reste pas grand-chose. Par contre, à l’autre extrémité du site, deux districts méritent le détour, après une petite visite au musée, qui ne contient pas uniquement des objets mis au jour sur Delos (les plus belles pièces sont d’ailleurs parties à Athènes).

LE QUARTIER DU THEATRE

Avec son dédale de ruelles, cette partie de l’ancienne cité est particulièrement jolie. On y découvre de belles villas hellénistiques ou romaines, encore pavées de mosaïques et plantées de colonnes. A voir: les deux étages de la Maison d’Hermès, le Temple d’Isis (2e s. ACN), en partie redressé, la Maison du Trident, au pavement géométrique, la mosaïque de la Villa des Dauphins et celle de la Maison des Masques, etc..., sans oublier le théâtre (3e s. ACN), jadis capable d’accueillir jusqu’à 5.000 personnes. Du quartier du théâtre, un chemin en escaliers grimpe le flanc du mont Cynthe (112m). A ses pieds, une grotte (Antran) abrita l’oracle d’Apollon ou, selon les versions, des cérémonies vouées au culte d’Héraklès durant l’époque hellénistique. C’est sur cette colline que les premiers habitants de l’île installèrent également leur habitat. Mais, aujourd’hui, le mont Cynthe ne mérite guère les 20 minutes de grimpette que pour la superbe vue qu’il offre, depuis le sommet: le meilleur aperçu de Delos, ce qui explique sans doute que certains préferent commencer par là... Bon voyage!


INFOS PRATIQUES

Où loger?

La plupart des hôtels ouvrent entre avril et fin octobre, mais les charters arrêtent généralement leurs vols fin septembre. Les prix des chambres varient selon la catégorie d’hôtel (par ordre décroissant: Luxe, A, B, C, D... Les pensions et les chambres chez l’habitant n’entrent pas dans ces catégories) et la saison (basse saison: en avril, en dehors des congés scolaires, mai et octobre. Mi-saison: juin, la première semaine de juillet et la deuxième quinzaine de septembre. Haute saison: 8 juillet ou 15 septembre). Les catégories de prix qui suivent correspondent à un tarif "à partir de" (en basse saison) pour une double chambre standard, petit déjeuner inclus. La liste n’est pas exhaustive, mais reprend la plupart des plus charmants hôtels de l’île...

HORA

Apanema (cat. A: 145-250€. Tél: 289-2B590): petit hôtel de 18 chambres plutôt charmant, à 300m du port, avec piscine (un «plus», à Hora) et une vue panoramique.

Belvédère: 45 chambres (plutôt petites, mais élégantes) dominant le centre-ville dans un bâtiment de style traditionnel. Bonne situation + piscine (cat. A: 120-225€. Tél: 25122. Ouvert toute l’année).

Semeli: sans doute l’un des plus charmants hôtels de la «capitale», tout proche du précédent, sur les hauteurs du vieil Hora. 52 chambres aménagées avec goût. Piscine. (Cat A: 125-225€. Tél: 27466).

Cavo Tagoo: à 600m du port, les 72 chambres y profitent d’un décor cycladique aménagé avec goût et d’une vue sur la mer. Piscine (l00-200€. Tél: 23692).

Rohari (cat. B: 50-105€. Tél: 23107): 16 petites chambres avec douche, mais avec une vue imprenable sur la ville et le port, depuis la piscine.

Terra Maria (cat. D: 50-80€. Tél: 24212 ou 24213): pas de piscine, mais un beau jardin pour ce charmant petit hôtel de 25 chambres en plein centre-ville. Une bonne adresse pour les petits budgets.

Voula’s (30-120€, ouvert toute l’année. Tél: 22951): cette mignonne pension a deux excellents atouts: sa situation, au coeur du «Petit Venise» et un très bon rapport qualité/prix.

Zannis Hotel (cat. C: 42-75€. Tél: 22486): vérandas fleuries, jolis balcons et situation centrale, mais calme.

ORNOS

Kivotos (cat. Luxe: 205-290€. Tél: 28270): installé en étages sur le flanc d’une falaise bordant la baie d’Ornos, le Kivotos est l’un des plus luxueux hôtels de l’île. Les chambres, décorées avec énormément de style et de goût, ont vue sur la mer et/ou l’une des piscines. Le complexe, qui ressemble à un petit village cydadique de charme, a su combiner intimité et raffinement.

Doreion (cat. Luxe: 165-225€. Tél: 28270): juste en face du précédent, le Doreion propose de grandes chambres dépouillées, mais pleines de charme, avec vue sur la baie d’Ornos. Pas de plage, mais une belle piscine.

Santa Marina (cat. Luxe: 162-325€. Tél: 23220): cet hôtel de luxe jouit d’une situation exceptionnelle, à la pointe d’une minuscule presqu’île fermant la baie d’Ornos. Autres musts: un héliport et une plage de galets privée, bordant une jolie anse aux eaux turquoise. Il compte également des villas et quelques chambres disposées, à l’écart, dans le jardin, dans des bungalows. Les chambres «deluxe» sont ravissantes.

AGHIOS YANNIS

Apollonia Bay (cat A: 120-195€. tél: 27890): un petit hôtel de luxe et de charme, à deux pas de la plage et avec vue sur la mer et le port de pêche. Seul regret: la piscine est petite et donne sur le restaurant (à conseiller, ne fût-ce que pour le cadre!), ce qui rompt un rien l’intimité ambiante.

Manoula’s Beach (cat.C: 60-160€. Tél: 22900): hôtel sympathique, à 50m de la plage, avec vue sur la mer et piscine. Grandes chambres avec balcon. PLATYS YALOS et PSAROU (tous avec piscine)

Mykonos Blu (cat. Luxe: 245-390€. Tél: 27900): s’il mérite un prix pour sa décoration blanche et bleue, raffinée et dépouillée, pleine de petits détails charmants, cet hôtel possède aussi une excellente situation, entre les plages de Psarou (qu’il surplombe) et de Platis Yalos (à 200m).

A voir, même si on n’y loge pas...

Mykonian Ambassador (cat. A: 135-195€. Tél: 24166): à 300m de la plage de Platys Yalos, les chambres de cet hôtel ont une belle vue, côté mer, et sont confortablement aménagées.

Petinos Beach (cat. A: 95-175€. Tél: 24130): le bâtiment, de style traditionnel, se trouve sur la plage. Les chambres sont grandes et simples, mais confortables.

Palladium (cat. A: 80-165€. Tél: 22913, 22127 ou 25925): installé sur les hauteurs, à 800m de la plage, ce petit hôtel jouit d’une très belle vue et se décline en blanc et turquoise.

PARANGA

San Giorgio (col. A: 95-185€. Tél: 27474): architecture cydadique et une bonne situation entre Paranga et Paradise sont les meilleurs atouts de cet hôtel aux chambres simples, mais assez spacieuses.

Sunrise (pension: 65-115€. Tél: 72201 ou 72013): installé sur la plage (avec piscine en sus), le Sunrise profite d’une situation imprenable, à condition de réserver une chambre avec vue sur mer.

AGRARI

Royal Myconian (cal. A: 155-255€. Tél: 72000): vue superbe sur Elia Beach depuis une piscine très photogénique. Un hôtel bien fourni en équipements sportifs et de relaxation (thalassa, sauna...) et doté de jolies chambres avec balcon.

Imperial Mykonos Resort & Spa (cat. Luxe): comme son nom l’indique, ce «resort» flambant neuf se veut un niveau au-dessus du précédent qu’il prolonge en surplomb de la baie et de la plage.

BAIE DE PANORMOS

Albatros (cat. D: 60-95€. Tél: 25130 ou 27230): bâti en amphithéâtre sur le flanc de la baie, cet hôtel a un certain charme et pas de concurrent local. Piscine.

Ftelia Bay (30-55€. Tél: 71174 ou 22438): il n’y a pas d’autre choix, pour l’instant, à Ftelia, que ce complexe de 10 petits appartements à environ 500m de la plage, pour amateurs de calme et de solitude. Pas de piscine.

COMMENT SE DEPLACER?

LOCATION DE VOITURE OU DE MOTO

Vous trouverez des bureaux de location de voiture à l’aéroport (salle des arrivées) et près de la station (sud) de bus d’Hora. Mais vous pourrez également passer par l’intermédiaire de votre hôtel: le véhicule vous sera alors livré sur place. Tarif: comptez 25€ par jour min. pour un modèle de base. Si vous réservez, avant le départ, via un voyagiste, les tarifs peuvent être un peu plus intéressants en haute saison. Bon à savoir: à Hora, garez votre voiture dans l’un des parkings périphériques. Si vous la laissez dans une rue, vous risquez de ne plus la retrouver en fin de soirée, car elle peut gêner le passage d’un car ou d’un camion de livraison.

BUS LOCAUX L’île est bien desservie par un réseau de bus qui rejoignent les principales plages, au départ d’Hora. Fréquence: environ toutes les heures (et même toutes les 30 minutes, en haute saison, selon les endroits), souvent entre 8 et 24h. Il existe deux points de départ, à Hora: au sud (Fabrica) de la ville pour les bus à destination d’Ornos, Aghios Yannis, Platis Yalos (ou Gialos), Psarou, Paranga et Paradise. Les autres (pour Tourlos, Aghios Stefanos, Ano Mera et Kalafatis) démarrent devant le Musée archéologique (au nord du port).

CAIQUES

Vers les plages: environ 6€ par personne (A/R). Départs d’Ornos ou de Platis Yalos vers Psarou, Elia, Agrori et Super Paradise.

Vers Delos: entre 6 et 15€ (A/R), selon la plage de départ. Les visites organisées démarrent du port d’Hora (Gialos), sur de plus gros bateaux, mais sont beaucoup plus chères.

TAXIS

Ils sont stationnés devant l’aéroport ou sur Mando’s Square (port), à Hora, et pratiquent des tarifs fixes, affichés sur un mur de la place. Si vous appelez un taxi par téléphone depuis votre hôtel, vous payerez le tarif affiché sur le compteur + un montant fixe (environ 2€).

TÉLÉPHONER

A Mykonos, depuis la Belgique: 0030 289 + n° de votre correspondant, sans le «0».

En Belgique depuis Mykonos: 0032 + n° de votre correspondant, sans le «0». Mieux vaut donc utiliser son GSM que le téléphone de l’hôtel, c’est plus économique...

POUR PLUS D’lNFOS

Office national hellénique du Tourisme Avenue Louise, 172 - 1050 Bruxelles

Tél: 02 647 57 70 - Fax: 02 647 51 42

E-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Website: www.gnto.gr

 

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